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Calendrier des interdictions de location

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 retire progressivement du marché locatif les logements les moins performants au DPE, étiquette par étiquette, entre 2023 et 2034.

Les échéances

Le calendrier ci-dessous, fixé par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, retire progressivement du marché locatif les logements les moins bien classés au DPE :

  • Depuis 2023Les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an — les G les plus énergivores — sont déjà interdits à la location.
  • 1ᵉʳ janv. 2025Tous les logements classés G sont interdits à la location.
  • 1ᵉʳ janv. 2028Tous les logements classés F seront interdits à la location.
  • 1ᵉʳ janv. 2034Tous les logements classés E seront interdits à la location.

Source : article 160 de la loi n°2021-1104 du 22 août 2021 (loi Climat et Résilience), ministère de la Transition écologique.

Ce que « interdit à la location » signifie

Le mécanisme juridique passe par le critère de décence du logement. Un logement dont l'étiquette dépasse le seuil fixé pour l'année en cours n'est plus considéré comme décent : il ne peut plus faire l'objet d'un nouveau contrat de location, ni d'un renouvellement ou d'une reconduction tacite de bail. Le locataire en place peut exiger du propriétaire la réalisation des travaux nécessaires.

L'interdiction ne provoque pas l'expulsion du locataire ni la rupture automatique du bail en cours, et n'interdit pas la vente du logement. Elle s'applique à la location nue à usage de résidence principale, avec des règles spécifiques selon la nature du bail et la situation du bien.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, un seuil de consommation s'ajoute au classement par étiquette : les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an d'énergie finale sont interdits à la location, indépendamment de leur étiquette.

Combien de logements sont concernés sur le périmètre du site

Sur les 3 348 694 diagnostics agrégés par ce site (92 communes publiées), la répartition par étiquette permet de mesurer la part de logements concernée par chaque échéance :

Part des logements diagnostiqués concernés, sur le périmètre publié
ÉchéanceÉtiquette viséePart des diagnostics
1ᵉʳ janvier 2025G2,2 %
1ᵉʳ janvier 2028F4,8 %
1ᵉʳ janvier 2034E14,6 %

Moyennes pondérées par le nombre de diagnostics de chaque commune publiée. Ces parts portent sur l'ensemble des logements diagnostiqués — propriétaires occupants compris — et non sur le seul parc locatif, qui n'est pas distingué dans les données publiées. Méthodologie.

Ce que cela change pour un propriétaire bailleur

Pour un logement classé F ou G, trois options se présentent : engager des travaux de rénovation énergétique permettant de remonter au moins à l'étiquette E, sortir le bien du marché locatif de longue durée, ou le vendre. Le délai utile se compte en années : un audit énergétique, le montage des aides et la réalisation des travaux s'étalent rarement sur moins de plusieurs mois.

Depuis avril 2023, la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G impose par ailleurs la réalisation d'un audit énergétique remis à l'acquéreur, qui décrit les scénarios de travaux permettant d'atteindre de meilleures étiquettes.

Le gel des loyers, une contrainte déjà en vigueur

L'interdiction de location n'est pas la première contrainte à s'appliquer. Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, en France métropolitaine. Cette règle vise trois situations :

  • l'indexation annuelle sur l'indice de référence des loyers (IRL) ;
  • la révision du loyer en cours de bail ;
  • la réévaluation lors du changement de locataire.

Autrement dit, un bailleur qui conserve un logement F ou G voit son loyer figé en euros courants, donc décroissant en valeur réelle année après année. C'est la première incitation économique du dispositif, avant même l'échéance d'interdiction.

Les exceptions prévues par la loi

L'obligation n'est pas absolue. Le juge peut écarter l'exigence de travaux lorsque le propriétaire démontre que la mise en conformité se heurte à un obstacle qu'il ne maîtrise pas :

  • des contraintes architecturales ou patrimoniales — bâtiment classé, secteur sauvegardé, avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France ;
  • une opposition de la copropriété — lorsque les travaux nécessaires portent sur les parties communes et que l'assemblée générale les a refusés ;
  • un coût manifestement disproportionné par rapport à la valeur du bien.

Ces exceptions s'apprécient au cas par cas devant le juge : elles ne constituent pas une dispense automatique et supposent de pouvoir documenter la démarche entreprise.

Que risque un bailleur qui loue un logement interdit

Le mécanisme ne repose pas sur une amende administrative automatique. Un logement qui dépasse le seuil réglementaire n'est plus considéré comme décent : le bail reste valable, mais le locataire peut exiger du propriétaire qu'il réalise les travaux nécessaires.

En cas de refus, le locataire saisit la commission départementale de conciliation puis, si nécessaire, le juge. Celui-ci peut ordonner l'exécution des travaux sous astreinte, réduire le montant du loyer, voire en suspendre le paiement jusqu'à la mise en conformité. À cela s'ajoutent des conséquences indirectes : impossibilité de relouer après un départ, et impact sur la valeur du bien à la revente, l'audit énergétique remis à l'acquéreur rendant la situation visible.

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